Je voyais mon business comme une prison. Il était l’instrument de ma liberté.

Après les premières années d’euphorie, puis les premières galères,
il m’a fallu 20 ans pour comprendre que l’entrepreneuriat m’avait sauvé.

Quand j’ai choisi de travailler à mon compte, personne dans ma famille ne s’attendait à ce choix.

C’était inhabituel, inattendu et risqué. C’était la gamèle assurée. J’ai quand même sauté le pas.

Le 1er janvier 2000, j’enregistrais la société au Tribunal de Commerce et je partais, le sourire aux lèvres, à la conquête du monde fascinant de la communication d’entreprise. Option web.

Pendant deux décennies, j’ai connu des galères.
Des moments où la trésorerie ne suivait pas.
Des personnes de confiance qui m’ont trahi.

J’ai fait des choix impossibles, sans aucun filet de sécurité.
J’ai ravalé ma fierté et demandé de l’aide à des gens que j’aurais préféré ne pas solliciter.

Mais j’ai tenu.
Et j’ai fini par comprendre pourquoi.

Dans mon business

J’apprenais quelque chose que je n’apprenais nulle part ailleurs :

Pendant 12 ans, nous étions deux associés.
J’étais majoritaire.
J’ai appris ce que c’était que de défendre son point de vue, le compromis, la différence entre le lien personnel et le lien professionnel. Je me suis bien des fois effacé, là aussi, au profit de l’autre. J’ai même accepté l’inacceptable. Jusqu’à la rupture.
Je me suis retrouvé seul, totalement seul.

J’ai abusé de cette indépendance et je me suis mis en danger.
J’ai fait des erreurs. J’ai négligé l’administratif. J’ai accumulé les dettes sociales et fiscales.

Mais j’apprenais l’essentiel :
J’étais responsable de mes actes.
Je pouvais investir, rater, recommencer autrement.
Sans rendre de comptes.
Sans rien justifier.
Sans chercher l’approbation de quelqu’un dont la peur était plus grande que la mienne.
À mon rythme. Et sans demander la permission.

A l'extérieur

Je ne le voyais pas clairement, à l’époque, mais en dehors du bureau, je ne vivais pas cela.
Dans beaucoup de relations, je demandais encore la permission d’exister.

L’entrepreneuriat a été ma salle d’entraînement.

La liberté, j’y ai goûté d’abord là, sans m’en rendre compte, d’abord, comme une planche de salut pour traverser les zones de gros temps.

Puis je me suis fait accompagner.
J’ai alors pu voir les pièges desquels j’étais prisonnier.
J’ai compris que j’avais le droit de vouloir cette liberté partout.

Absolument partout.

En étant jamais obligé de le justifier.