À propos

Pendant des années, j'ai appris à cacher mes joies et mes désirs.
À peser chaque mot pour ne pas froisser.
À me conformer aux attentes.
À anticiper, à me justifier, à m'excuser d'exister.

J'ai fini par croire que c'était normal — et même mérité.

Dans mes premières années d’entreprenariat, j’ai bataillé avec des clients toxiques dont le seul objectif était de me rendre chèvre, de m’obliger à capituler, par lassitude, devant leurs exigences erratiques.
Combien d’heures ai-je passées à rétablir la réalité des faits, à prouver ma bonne foi pour un avocat aussi convaincu que moi de l’absurdité du dossier qu’il défend, incapable de faire entendre à son client la voix de la raison ?
Au moins 40% de mon temps, au détriment de tout le reste.

Puis, comme en miroir, est arrivée une trahison, une humiliation personnelle.
Un parent avait transformé une confidence intime en un matériau de sa propre histoire.
Sans rien dire.
Sans demander.
Persévérant malgré mes protestations.

Parce que c'est ce que font les gens qui utilisent les autres: ils prennent, ils reformatent, et ils appellent cela de l'amour.
Je n’étais rien d’autre qu’un faire-valoir, un élément du décor, un objet de jouissance perverse.

Plutôt que l’accepter, plutôt que m’oublier une fois de plus par peur de perdre le lien, la confiance, ce jour-là j'ai compris ce que personne ne te dit jamais :

Tu n'es pas obligé.

  • Pas obligé d’aimer.
  • Pas obligé de porter les responsabilités que les autres ne veulent pas prendre.
  • Pas obligé de renoncer à toi-même pour qu’un autre existe.

Vingt-cinq ans à construire ma vie en indépendant. Quinze années à en faire l’espace d’expérimentation de mon épanouissement et de ma résilience. Un long chemin pour retrouver qui j'étais après qu'on m’ait convaincu de ma médiocrité. Aujourd'hui, une seule envie, un seul moteur : que d'autres entendent ces mots sans perdre de temps.