L'indifférence : comment faire souffrir le corps et le coeur

🧪 La science illustre par l’imagerie cérébrale que l'exclusion sociale active le cortex cingulaire antérieur dorsal. Kézako ? C’est la même zone qui traite la douleur physique.

Etre ignoré ne fait pas physiquement mal. Mais çà enclenche les mécanismes de lutte contre la douleur :

➔ Production d’endorphine, d’enképhalines ou de dynorphines, un coktail comparable à la morphine, qui bloque le signal douloureux. Comme quand tu fais un effort physique intense, quand tu as un orgasme ou un fou rire prolongé à en faire pipi dans ta culotte.

➔ Tu produis également de la sérotonine et de la noradrénaline qui inhibent la douleur. Le problème : avec le temps tu y deviens résistant et leur effet devient amplificateur.

➔ Soulagement par une contre-douleur. Comme en acupuncture ou avec un patch de chauffant : une zone est stimulée pour inhiber une autre zone douloureuse. Idem quand tu te grattes pour soulager une démangeaison. C’est pareil avec les pensées : tu rappelles à ta mémoire des événements douloureux pour relativiser celui que tu vis. Tu penses : “Ce qui ne tue pas rend plus fort”.

➔ Tu essaies de penser à autre chose. Tu te concentres sur une activité prenante, pour y réorienter toutes tes ressources attentionnelles. Comme les soldats qui peuvent ne pas ressentir leurs blessures dans le feu de l’action.

➔ Tu relativises et tu “enjolives” la situation. Une douleur est plus facile à supporter quand elle est “contrôlée”. C’est l’effet blouse blanche : quand tu sais que ta douleur est prise en charge, tu la ressens comme moins forte. Parfois, même, elle disparaît. Ce faisant, tu t’accoutumes à ce procédé d’auto-suggestion.

🧠 Du point de vue psychologique, les recherches montrent que l'exclusion, l’ostracisation, menace simultanément quatre besoins fondamentaux : l'appartenance, l'estime de soi, le sentiment de contrôle, et le sentiment d'exister.

Chez le narcissique, le silence n'est pas un besoin d'espace. C'est une stratégie de domination : punir sans argumenter, contrôler sans confrontation, conditionner l'autre à s'effacer pour maintenir le lien. C'est du dressage silencieux.

A long terme, l'ostracisme chronique ne laisse pas seulement une blessure émotionnelle. Il érode l'identité. La victime doute de ses perceptions, hésite à parler, disparaît progressivement sur le plan psychologique.

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❤️‍🩹 Guérir de ces conditionnements et de ces traumatismes, bien réels et concrets, peut être long. Le chemin présente des similarités avec les syndromes de sevrage d’addictions.

Ce qui a été abîmé, ce n'est pas seulement la relation. C'est le sentiment d'exister.

La première étape, c'est de comprendre que ce silence était une arme, pas une vérité sur sa propre valeur.

Si tu te sens concerné, viens m’en parler. 😉